Épisode cévenol et méditerranéen : pluies intenses et orages parfois stationnaires attendus dans le Sud-Est
Un épisode cévenol puis méditerranéen significatif se met en place entre ce mardi 29 septembre et jeudi 1er octobre sur une partie du sud-est de la France.
Les Cévennes héraultaises et gardoises seront d’abord les secteurs les plus exposés aux fortes précipitations. Mais la situation devrait progressivement évoluer à partir de mercredi : les orages pourraient alors davantage gagner les plaines de l’est de l’Hérault, du Gard puis l’ouest des Bouches-du-Rhône, dans un environnement particulièrement humide et instable.
Le principal risque sera lié aux très fortes intensités de pluie, avec la possibilité d’orages peu mobiles, voire temporairement stationnaires. Sur l’ensemble de l’épisode, les cumuls pourraient atteindre 350 à 450 mm sur certains secteurs cévenols, tandis que quelques scénarios envisagent ponctuellement des valeurs proches de 500 mm.
En plaine, les quantités seront moins importantes mais pourraient tomber beaucoup plus rapidement : plus de 100 mm en peu de temps sont possibles localement, avec un risque de ruissellements, d’inondations et de réactions rapides des cours d’eau.
Une situation pilotée par un flux de sud-ouest
À grande échelle, un flux de sud-ouest chaud et humide s’installe sur la France à l’avant d’un talweg dépressionnaire situé sur le proche Atlantique.
Un talweg peut être décrit comme une extension allongée de basses pressions en altitude. À mesure qu’il va se rapprocher du pays, il contribuera à rendre l’atmosphère plus dynamique et plus instable.
Dans le même temps, les vents de sud à sud-est présents dans les basses couches de l’atmosphère vont puiser de l’humidité au-dessus d’une Méditerranée encore chaude en cette fin septembre.
Nous allons donc progressivement réunir plusieurs ingrédients favorables aux fortes précipitations : de la chaleur, beaucoup d’humidité, de l’instabilité et différents mécanismes capables de forcer l’air à s’élever.

Mardi : l’épisode commence sur les Cévennes
Dans un premier temps, ce mardi 29 septembre, le mécanisme sera essentiellement cévenol.
L’air chaud et humide remontant de Méditerranée vient buter contre le relief des Cévennes. Contraint de s’élever le long des versants, il se refroidit progressivement et l’humidité qu’il contient se condense, renforçant les précipitations.
C’est ce que les météorologues appellent le forçage orographique.
Ce mécanisme explique pourquoi les Cévennes peuvent recevoir des quantités de pluie particulièrement importantes lors de ce type de flux, alors que les plaines voisines restent parfois beaucoup moins arrosées dans un premier temps.
Les Cévennes héraultaises et gardoises devraient ainsi être les secteurs les plus exposés aux importants cumuls jusqu’à mercredi soir, tandis que quelques pluies pourront également déborder vers les plaines de l’Hérault et du Gard.
Dans la nuit de mardi à mercredi, l’instabilité augmente
La situation devrait se dégrader plus nettement au cours de la nuit de mardi à mercredi.
Les pluies vont se renforcer sur les Cévennes tout en prenant un caractère orageux de plus en plus marqué.
Les simulations du modèle AROME mettent en évidence une augmentation de la MUCAPE, un indicateur utilisé pour estimer l’énergie potentiellement disponible pour les orages.
Sans entrer dans sa formulation mathématique, plus la CAPE est importante, plus une masse d’air soulevée peut potentiellement accélérer vers le haut. Elle renseigne donc sur la capacité de l’atmosphère à générer de puissants mouvements verticaux.
Mais la CAPE ne signifie jamais, à elle seule, qu’un orage violent se produira. Elle représente simplement l’un des ingrédients disponibles.

Un apport continu d’air humide depuis la Méditerranée
Un autre paramètre devient particulièrement important au cours de la nuit : le contenu en eau précipitable de l’atmosphère.
Les simulations font apparaître des valeurs se rapprochant localement de 50 mm dans l’environnement méditerranéen.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’il tombera 50 mm de pluie.
L’eau précipitable correspond à la quantité d’eau que l’on obtiendrait si toute la vapeur d’eau contenue dans une colonne d’atmosphère se condensait. Des valeurs élevées témoignent donc surtout d’une atmosphère particulièrement chargée en humidité.
Cette humidité sera continuellement alimentée par la Méditerranée et transportée vers les Cévennes par les vents de basses couches.

Un jet de basses couches devrait également devenir un peu plus actif. Il ne s’annonce pas particulièrement violent, mais il contribuera à maintenir cet apport d’air chaud et humide vers les reliefs.
La carte des rafales à 10 mètres permet également de visualiser ce flux marin qui remonte en direction de l’Hérault et du Gard.


Petite vidéo :






